“Que sur toi se lamente le tigre” : les mots de nos libraires

Couronné du prix Goncourt du Premier roman 2021, ce court récit d’Emilienne Malfatto plonge le lecteur au coeur du crime d’honneur qui doit avoir lieu au sein d’une famille irakienne.

Ayant souvent séjourné en Irak en tant que photojournaliste indépendante, Emilienne Malfatto situe son récit dans un pays qu’elle connaît bien et propose un roman choral qui s’ouvre sur la voix d’une jeune femme enceinte de cinq mois, qui sait que son frère Amir va la tuer le soir même. Enceinte sans être mariée, d’un fiancé qui vient d’être tué à la guerre, elle se retrouve condamnée à mourir afin de préserver l’honneur de la famille. «L’honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu’une fille mère.» L’autrice donne ensuite la parole à chacun des membres de la famille, du frère aîné à la mère, en passant par la belle-soeur et les autres membres de la fratrie. Malgré une sentence inéluctable et connue d’avance, tous viennent témoigner de leur impuissance face à un système dont ils sont prisonniers. Respect de la tradition, acceptation des règles, résignation, lâcheté, impuissance… tous ont en commun d’accepter le verdict comme une fatalité.

Aymane

Je pensais en savoir beaucoup mais dès les première page du livre j’apprends et comprends réellement ce que le personnage ressent, on aura beau tout essayé pour changer les mentalités cela ne marchera jamais entièrement parce que malgré l’évolution des époques les façons de penser ne change pas et se transmettent en famille, en Irak comme ailleurs. J’ai beaucoup aimé que la narratrice nous parle en toute franchise : elle créé comme une relation intime avec des confessions entre le lecteur et elle, ce qui change de mes lectures habituelle, ce livre est court mais très touchant et percutant. Il m’en à appris beaucoup sur l’emprise des hommes sur les femmes et aussi sur la cruauté envers les femmes qui je pense ne changera peut être jamais. Toute cette situation repose sur elle, son péché se répercute sur sa famille car ils payent aussi son erreur donc tout s’acharne sur elle. Aujourd’hui je n’oublierai pas les femmes dans cette situation et je les soutiendrai car je refuse que toute la faute sois rejetée sur la femme. Ce livre est pour l’instant mon préféré, il mérite de se faire connaître beaucoup plus car il est capable de changer beaucoup de mentalités et d’inculquer de nouvelle manière de penser sur certains sujets à énormément de personnes.

Lina

J’ai beaucoup aimé ce drame, on rentre de plein pied dans cette famille irakienne et on y apprend ; ce que subissent encore les femmes actuellement en Irak (ou pays d’orient) pour des choses communes dans notre société occidental comme la peine de mort pour avoir eu une relation hors mariage . J’ai beaucoup aimé la façon dont est racontée l’histoire ce qui est un peu compliqué au début on ne comprend pas toujours qui parle. Parmi ces souvenirs l’auteure place les différents points de vues de l’entourage familial ou encore de son défunt fiancé, c’est donc cette polyphonie qui rend le roman différent et originale par rapport au autres .

On lit le premier chapitre sur sa mort mais on le réalise après, c’est ce qui rend ce passage inattendu et qui nous perturbe un peu. On retrouve aussi parmi les différents chapitres les passages inattendus où on réalise que même dans un monde si évolué au 21 siècle il peut encore rester cette “ mentalité” : c’est une peinture sombre de la société contemporaine Irakienne où la vie des femmes se déroule dans l’ombre, elles sont soumises au diktat des hommes et à un “code d’honneur” injustifiable qui conduit bien souvent à la mort pour sauver la famille de la honte : “mieux vaut une fille morte qu’une fille-mère” où chaque protagoniste joue son rôle sans qu’il ou elle semble pouvoir y échapper.

Je crois que l’on est tous obligé non pas d’aimer ce livre mais d’avoir une certaine pitié et de parfois de l’incompréhension on est triste : on sait que cette jeune Irakienne pour une vie qui grandit dans son ventre va payer de la sienne, de son sang.

Assya

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